3ème essai VTTAE: le Cube Stéréo Hybrid HPA 140 Pro 400 (par Thierry L.)

le dans Racine
3ème essai VTTAE: le Cube Stéréo Hybrid HPA 140 Pro 400 (par Thierry L.)
Visiblement nos bouclards croient dans le VTTAE, mettant à la disposition des VTTistes des machines valant un bon paquet d’€.

Les contructeurs aussi y croient car ces vélos sont déjà bien aboutis techniquement et esthétiquement.

Le Cube ici en version « all-mountain » 27.5" ne fait pas exception. Le moteur la batterie et les commandes sont parfaitement intégrés.

La première impression d’un top tube court et de bases longues lui donnent un air de dragster mécaniquement agressif en phase avec sa déco grise soulignée de parements orange flashy.

Les 2 loongs basculeurs de suspension me rappellent les Kona de la fin des années 90.
Coté poste de pilotage un cintre de taille raisonnable avec les commandes du moteur Bosch identiques au « Moustache ». A ce sujet je découvre que le « tableau de bord » se déclipse facilitant l’équilibre vélo retourné.

Départ sous la pluie pour un tour des singles du secteur Ménasse-St Perdon emmené par Buzz, (sur un élégant Orbéa 27+) qui connaît le coin par cœur.

Fort de l’expérience de l’essai du Moustache, je décide de n’essayer de rouler (si possible) qu’en mode « eco » et d’essayer de suivre Buzz pour me concentrer sur le comportement « châssis ».

Sur le vélo l’impression de cadre court se confirme immédiatement m’incitant à monter la selle quasiment en version route tout en gardant une position confortable.

Les 1ers passages techniques abordés avec prudence passent facilement de manière très intuitive.

Les 1eres montées me confirment que le mode « eco » permet de suivre sans problème le rythme des redoutables mollets du (habituellement) single-speedeur qui ouvre la route.

Ce mode est très plaisant car permettant de doser sa vitesse ou le grip « à la pédale » comme sur un VTT normal.

Coté plaisir Buzz semble s’éclater sur l’Orbéa en envoyant comme un malade sur les singles en exploitant le grip de ses gros pneus sur les racines en devers ou en dessinant de courbes aussi belles à l’œil que celles d’un surfeur des neiges.

Dans ces conditions le poids du vélo et la fermeté de la fourche m’incitent souvent à la prudence surtout les innombrables racines mouillées en devers.

A l’attaque, les pédales touchent souvent incitant à se calmer assez vite.

Du coup je découvre que le moteur continue de pousser une fraction de seconde après l’arrêt du pédalage facilitant la fluidité de pilotage (sans tapage de pédale) en exploitant cette particularité pour garder de la vitesse et de la fluidité ; mais impossible de suivre Buzz super à l’aise sur ces tracés avec le 27.5+ Sur les trois derniers coup de cul je m’autorise le mode « tour » (le deuxième).

A l’arrivée 50 km à 21.9 de moyenne 2 barres (sur 5) restant à la batterie soit 40km calculé et une grosse banane malgré les averses.

Le dimanche suivant Pascal & Mickaël m’ayant gentiment prolongé le prêt, rebelote, même endroit, même équipier (sur son single speed habituel) et même départ sous la pluie qui parait bien froide.

Buzz décide de faire le même parcours à l’envers pour le durcir. Aïe ! Après les pluies de la nuit le terrain semble plus difficile. Une glissade de l’avant sur la 1ère descente pour moi et une chute sur les racines de la 2ème épingle pour Buzz nous le confirmera.

Prudence ! Quasiment d’entrée la remontée du « pipe » nous met le cœur et les jambes à la bonne température.

Si sur les premiers kilomètres j’avais un peu de mal à coller au rythme particulier du SS sans laisser une grosse distance de sécurité pour amortir les à-coups, rapidement l’expérience de la semaine précédente me permet de rouler à son cul sans problème.

De plus arrivant à cerner beaucoup mieux le grip de l’avant et donc à garder de la vitesse sur les devers piégeux tout devient plus facile et plus rapide.

J’ai même pu tester le mode piéton sans lequel j’aurai eu beaucoup beaucoup plus de mal à monter un gros mur vertical glissant avec un arbre couché juste au pied obligeant à descendre du vélo. Vraiment bien ! Même si ce fut quand même chaud.

Au final 51km à 21.5 de moyenne et 3 barres sur 5 restant (50km calculé) Belle autonomie avec une « petite » batterie.

Ce vélo est une belle réussite Un châssis intuitif, des freins agréables, un moteur plaisant sur le mode « éco » et vraiment performant sur les modes supérieurs. Ces modes me paraissent presque superflus dans une optique randonnée.

Ils permettent certainement de monter des passages, que l’on ne songerait qu’à descendre avec un VTT normal, sous réserve d’apprendre à maitriser l’énorme couple à la roue arrière.

Le top tube court rend la position de conduite confortable et permet de garder la selle en position haute dans les passages très technique en autorisant facilement le passage derrière la selle.

S’il faut vraiment critiquer, 3 remarques :
- La roue arrière paraît parfois très loin dans le serré,
- la fourche Manitou n’est pas très intuitive dans ces mécanismes - fixation de la roue ou changement de pression-
- il manque une indication de position de vitesse AR mais cette remarque est valable pour tous les VTTAE essayés.

Cet essai a confirmé mon sentiment que les VTTAE sont parfaitement adaptés à de « vieux » VTTistes ou à tous ceux dont la condition physique ne leur permet pas, ou plus, de s’amuser avec les copains toujours en forme.

Ils permettent de garder le plaisir de piloter et même de l’effort sans «péter une durite».

Du coup je trouve le bridage à 25 km/h utile pour limiter les dérives d’utilisations axés sur une ridicule course à la performance ; toutefois le poids de ces vélos et le couple de leur moteur nécessitent une prudence et une vrai expérience de VTTiste pour vraiment les utiliser en mode fun.

Merci à Pascal & Mickael pour leur confiance et leurs conseils avisés.